Voitures autonomes : mauvaise nouvelle pour les assureurs ?

« L’avènement de la conduite autonome représente une révolution pour la sécurité automobile » selon le président de Volvo, Håkan Samuelsson. Et aussi une révolution pour les assureurs ?Cogitem formation informatique415_201505252410232

 

Le président et directeur général de Volvo, Håkan Samuelsson, estime que l’introduction de véhicules autonomes représentera « le progrès le plus important dans la sécurité automobile » de ces dernières années. Il assure même que plus tôt les véhicules sans conducteur arriveront sur les routes, et plus de vies seront sauvées.

Une étude réalisée par Swiss Re et Here semble confirmer ces affirmations avec des chiffres suggérant que la technologie de véhicule autonome permettra de réduire le nombre d’accidents de 80% – et que les accidents qui se produiront encore seront beaucoup moins graves parce que les voitures connectées peuvent entreprendre des actions d’évitement.

 

Un impact financier pour les assureurs, mais des vies sauvées

Prenant la parole lors d’un séminaire de l’industrie de l’assurance à Londres, Samuelsson a fait valoir que même si le secteur de l’assurance est susceptible d’être affecté financièrement par l’introduction des voitures sans conducteur, ce prix est nécessaire pour l’amélioration de la sécurité routière.

« L’impact à moyen et long terme sur l’industrie de l’assurance sera vraisemblablement significatif, mais il ne faut pas oublier la vraie raison : moins d’accidents, moins de blessures, moins de décès. Les voitures à conduite autonome sont la plus importante avancée dans la sécurité automobile des dernières années » insiste le dirigeant de Volvo.

Volvo consacre déjà d’importantes ressources à la recherche et le développement sur les voitures sans conducteur – avec des véhicules autonomes qui seront testés dans les rues de Londres et sur les routes chinoises à partir de l’année prochaine. Mais le constructeur suédois a demandé au gouvernement de travailler aux côtés de l’industrie afin d’introduire au plus tôt une véritable technologie de conduite autonome, assurant que cela réduirait les morts sur la route.

« L’industrie automobile ne peut pas le faire seule » déclare Samuelsson. « Nous avons besoin de l’aide du gouvernement. Il est essentiel que les constructeurs automobiles travaillent avec le gouvernement pour mettre en place des lois et règlements qui nous permettent d’obtenir ces voitures sur la route dès que possible et de commencer à sauver des vies. »

Le rapport de Swiss Re et Here, intitulé « L’avenir de l’assurance automobile« , souligne que la conduite autonome et les technologies de plus en plus sophistiquées d’assistance au pilotage « permettent d’améliorer considérablement la sécurité routière. »

« La transmission de données de véhicule-à-véhicule (V2V) et de véhicule-à-infrastructure (V2I) informera les conducteurs des dangers et des situations dangereuses qu’ils ne remarqueraient pas normalement, les incitant à prendre des mesures d’évitement » suggère l’étude. Selon celle-ci, les systèmes V2V et V2I combinés pourraient potentiellement traiter 81% de tous les accidents impliquant des véhicules.

Des véhicules hautement autonomes à partir de 2021

Selon Peter Shaw, directeur général du centre de recherche Thatcham, une organisation qui se spécialise dans la recherche sur la sécurité des véhicules, les vrais véhicules sans conducteur pourraient contribuer à réduire les accidents au cours des cinq prochaines années.

« Les constructeurs automobiles prévoient que les véhicules hautement autonomes, capables de permettre au conducteur d’être hors de la boucle pour certaines portions de leur voyage, seront disponibles aux environs de 2021. Sans aucun doute, la fréquence des accidents sera-t-elle également réduite de façon spectaculaire » déclare-t-il.

La technologie sans pilote permettra aussi de réduire la gravité des accidents. « En outre, si un accident ne peut malheureusement pas être évité, la vitesse d’impact baissera aussi du fait de la performance du système, ce qui réduit la gravité de l’accident » ajoute Shaw.

Néanmoins, pour le moment, seuls quelques véhicules autonomes circulent sur les routes, souvent de manière très encadrée et donc pas dans des conditions réelles. La promesse d’une chute des accidents routiers demeure dès lors une hypothèse optimiste faute de mesures venant l’étayer.

Quant aux constructeurs, ils doivent dans un premier temps convaincre les Etats d’autoriser la circulation de leurs voitures, grâce auxquelles ils espèrent dégager des profits à l’avenir. Et la baisse de la mortalité routière est assurément un argument qui ne peut être négligé.

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