La transformation digitale à 2 milliards de dollars de HSBC

La banque britannique HSBC investit 2 milliards de dollars dans sa transformation numérique. Au programme : le support du paiement mobile, la reconnaissance biométrique des clients, la gestion des connaissances par intelligence artificielle ou encore la suppression du papier dans les process internes.

La banque britannique HSBC accélère sa transformation numérique. A la clé, un investissement de 2 milliards de dollars dans le digital, et non 1,3 milliard de dollars comme c’était prévu il y a un an. C’est-ce que confie Darryl West, directeur informatique et responsable de la transformation digitale de l’entreprise lors de la keynote d’ouverture, le 31 août 2016, de Huawei Connect, l’évènement de l’équipementier chinois du numérique Huawei qui réunit 20 000 personnes à Shanghai, enChine.

SUPPORT D’APPLE PAY

Le premier axe de cette transformation vise à changer la banque en mettant ses services bancaires à l’heure d’internet et des mobiles. Avec comme premier axe de travail le paiement mobile, qui pourrait devenir à terme le moyen de paiement le plus courant. « Demain, jusqu’à 95% des achats en ligne pourraient être réglées par les mobiles dans certains pays avancés, prévoit Darryl West. C’est énorme. » Une perspective à laquelle HSBC est désormais prête puisqu’elle supporte déjà le système Apple Pay et les systèmes de paiement sur Android, et s’apprête à soutenir aussi le système WeChat en Chine.

Un deuxième axe explore de nouvelles méthodes d’authentification pour les usages numériques. HSBC s’intéresse notamment aux technologies de reconnaissance biométrique. La banque vient de mettre en place en Grande-Bretagne un système d’identification par la voix de 20 millions de ses clients. « Mon rêve est supprimer les mots de passe pour l’accès des clients à leurs espaces bancaires« , confie Darryl West.

 

CAP SUR LE BIG DATA

Le troisième axe vise à transformer les usages des données. « Auparavant, la banque faisait beaucoup d’analyse de données hors ligne, explique Darryl West.Le but est de passer au temps réel pour détecter rapidement une tentative de fraude ou un changement de comportement de client. » HSBC, qui emploie 255 000 personnes dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 71 milliards de dollars en 2015, s’est dotée pour cela d’un grand lac de données et met le cap sur le big data.

 

Le quatrième axe vise à transformer la façon de travailler en interne, avec comme objectif la suppression du papier. Les manuelles devront laisser la place à des automates, et la gestion du capital des connaissances, aujourd’hui entre les mains du personnel, sera assurée par des outils d’intelligence artificielle.

 

INTERROGATIONS SUR LE CLOUD PUBLIC

Où est le cloud dans tout cela ? « Il est au cœur de notre projet de transformation,répond le DSI. Mais nous nous interrogeons sur les risques qu’il pose en termes de sécurité. Nous avons déjà construit un cloud privé. Mais pour le cloud public, nous attendons d’abord de travailler avec des fournisseurs comme Amazon Web Services ou Microsoft pour voir comment le rendre suffisamment résilient et sûr pour que nous puissions franchir le pas. »

 

Rester à gérer l’historique. « Ce n’est pas simple, reconnait le DSI. Nous avons des systèmes informatiques vieux de 40 ou 50 ans. Nous ne pouvons pas tout changer du jour au lendemain. Le défi est de mener cette transformation digitale sans avoir nécessairement à les changer. »

 

Pour Darryl West, une chose est sûre : avec le basculement dans le digital, HSBC devient une entreprise de plus en plus technologique. C’est pour répondre à cette évolution qu’elle a créé plusieurs labos d’innovation et s’est doté d’un conseil technologique.

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