Presstalis : une supply-chain aidée par le numérique

Le distributeur de presse simplifie sa logistique, grâce au digital, pour diminuer ses coûts, et gagner en rapidité.

Tous les jours, Presstalis est confronté à un défi de taille : assurer la distribution de 4.000 titres de presse dans 30.000 points de vente, dans 12 pays différents. Ce qui en fait le premier distributeur de presse en France, devant les Messageries lyonnaises de presse, son principal concurrent. Pour réussir son pari, à savoir livrer les kiosques et autres points de vente de presse avant leur ouverture, Presstalis compte les minutes chaque nuit. Pour optimiser son précieux temps, l’entreprise s’emploie à numériser l’ensemble de sa supply-chain. En parallèle de sa diversification vers la distribution numérique de l’information via des applications mobiles et le Web.

Quotidiens et magazines, pas la même logistique

Ce contre-la-montre n’est pas une mince affaire. « Nous devons apporter les journaux à nos clients, avec une organisation logistique complexe, à flux tendu », résume Vincent Rey, directeur général de Presstalis. Concrètement, la supply chain de l’entreprise se divise en deux grandes entités, aux organisations très différentes l’une de l’autre : les quotidiens et les magazines. Pour les quotidiens, Presstalis, qui diffuse 100 % de la presse quotidienne nationale, «va chercher les titres chez les éditeurs de presse, avant de les dispatcher dans des centres de groupage un peu partout en France», continue Vincent Rey. Avec la particularité d’un circuit très tendu : les imprimeries du journal « L’Equipe » peuvent fonctionner jusqu’à 2h, pour une livraison en kiosque tôt le matin. Pour les magazines, les éditeurs acheminent leurs exemplaires vers un hub national à Bonneuil sur Marne, en banlieue parisienne, «ce qui représente environ 2.000 titres». Les exemplaires, triés, sont ensuite envoyés vers huit plates-formes régionales, qui coordonnent la redistribution vers des plates-formes locales sous-traitantes : tout doit être livré pour 6 heures du matin, au plus tard.

Dans cette logistique complexe, quand intervient le numérique ? « Bien en amont », répond Vincent Rey, tout de go. Il y a, d’abord, une phase de prévision de vente, réalisée en commun avec les éditeurs de presse, simplifiée par des outils digitaux qui permettent la remontée de l’ensemble des chiffres de vente de la veille, points de vente par points de vente. Ces données sont collectées à chaque livraisons effectuées par Presstalis, qui tient ensuite un historique de la distribution. Ce système doit générer des économies, en ajustant au maximum l’offre sur la demande et en abaissant le taux de retour de la presse en kiosque (en moyenne, 45 % des volumes envoyés font l’objet de retours). Concrètement, il évite à des camions de rouler des kilomètres pour des journaux qui ne seront pas achetés par les lecteurs….Mais pour l’instant, dix-huit mois après la mise en place du système, Presstalis ne présente pas encore de résultat précis. « Notre objectif est de faire plus de 40% d’économie, par rapport à notre système ancien », s’avance seulement Vincent Rey.

70 applis hier, 10 aujourd’hui

Le digital intervient donc en amont, mais pas seulement. Du début à la fin de sa chaîne logistique, Presstalis a fait appel à l’éditeur de logiciels Generix Group. Grâce à lui, Presstalis est « passé de 70 applications très spécifiques à 10 progiciels », explique Jean-Charles Deconnick, directeur général de Generix Group. Parmi ces logiciels, une plate-forme d’intégration est utilisée pour les échanges de fichiers entre la société Relay et les grossistes Presstalis. Pour les libraires, Generix a proposé son système EDI Managed Services, qui permet de recevoir les ordres de livraison et de transmettre les comptes-rendus de distribution, utilisés pour améliorer les outils de prévisions.

Pour le terrain, c’est-à-dire les routes, Generix a aussi développé un outil TMS (système de gestion des transports), qui permet une meilleure coordination des livraisons partout en France. Mis en place en 2015, cet outil permet de regrouper des commandes en lots homogènes (en terme de format), de mieux gérer les aléas des transporteurs (retards, congés maladie,…), mais aussi une réduction des charges administratives (suivi, facturation, litige…). Ces améliorations logistiques arrivent à point nommé : les effectifs de Presstalis ont été divisés par deux entre 2012 et 2015 , passant de 2700 salariés à 1.300. Et la DSI de l’entreprise n’a pas été épargnée : optimiser la supply-chain avec Générix permet aussi aux informaticiens de faire plus avec moins…
En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/directions-numeriques/digital/transformation-digitale/0211143069819-presstalis-une-supply-chain-aidee-par-le-numerique-212861.php?ofW1w5gMCMKmzI1k.99#

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