Du papier au Web, des pages jaunes à SoLocal

Son existant était dynamité et SoLocal (ex-PagesJaunes) a été contraint de se transformer radicalement, son business model mais aussi sa culture et les compétences de ses salariés. Désormais, le numérique représente 80% de son chiffre d’affaires.

cogitem formation informatique

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En 2013, le Français a pris acte de sa mutation et est devenu SoLocal, acteur de la « communication locale digitale ». La même année, le numérique représentait 58% de son chiffre d’affaires. En 2016, c’est plus de 80%. Adieu l’annuaire papier, ou presque.

Numérique : des concurrents aussi des partenaires

« Cela a été pour nous un changement profond de business model. Mon défi n’était pas de dynamiser l’entreprise sans dynamiter l’existant. L’existant était déjà dynamité, notamment par Internet » relate Jean-Pierre Remy, directeur général de SoLocal.

La stratégie : accompagner ses clients dans une stratégie de communication locale multiplateforme, les plateformes de SoLocal, mais également celles de partenaires comme Bing de Microsoft et Google.

Or, la firme de Mountain View, s’avère parallèlement un concurrent. Mais aujourd’hui, Google « est un partenaire extrêmement important pour nous » déclare le dirigeant français. Outre les plateformes, SoLocal a investi dans le contenu (création et animation de 300.000 sites Web de sociétés) et la data.

L’ex-PagesJaunes estime ainsi, avec 80% de son activité sur Internet, que sa « transition digitale est pratiquement » derrière elle désormais. Car non, le papier n’a pas été abandonné et représente encore « 700 à 800 millions de contacts générés par an. L’existant est encore là, mais Internet nous a permis d’aller beaucoup plus loin. »

Le paysage concurrentiel de SoLocal a radicalement changé lui aussi. « Dans l’annuaire imprimé, la concurrence était tout de même assez limitée […] Dans le monde digital, la concurrence est multiforme et souvent vos premiers concurrents peuvent être aussi vos premiers partenaires. Nous, aujourd’hui, notre premier partenaire c’est Google » explique Jean-Pierre Remy.

Du papier au Web, l’entreprise est entrée dans « un monde extrêmement ouvert » supposant un changement culturel en interne. Or, pour le dirigeant de SoLocal, cette ouverture a « été une des principales difficultés » de sa transformation.

Formation des salariés : un an de rémunération

Car il a fallu « convaincre l’ensemble de nos équipes qu’il était impératif dans ce monde ouvert d’apprendre à partager les contenus et à travailler avec des acteurs qui pouvaient être nos concurrents. » Et cette ouverture englobe aussi les données.

La transformation de SoLocal a également été organisationnelle : « l’ensemble de nos équipes a été verticalisé, c’est-à-dire spécialisé sur les métiers de nos clients comme le commerce, l’immobilier, la santé, etc. »

Mais le principal chantier a consisté à mener un vaste plan de formation des salariés afin de les former au numérique. « Nous avons fait le pari de former nos équipes » précise le DG de l’entreprise. La formation représente pour chaque salarié un mois par an et ce pendant pratiquement 5 ans.

En termes financiers, SoLocal évalue le coût de la formation à environ un an de salaire. C’est moins cependant que le coût de départ d’un employé, estimé lui à deux années de rémunération. Mais former présente aussi un inconvénient : une meilleure employabilité du personnel et donc des salariés débauchés.

Mais Jean-Pierre Remy  l’assure, il préfère « avoir à gérer ce risque » plutôt que celui lié à la présence dans la société de personnes ne disposant pas des compétences nécessaires à sa transition vers le numérique.

 

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