L’Etat évalue son cloud

Engagé dans un chantier de modernisation, Alain Merle, directeur de la transformation des centres informatiques à la DSI de l’Etat, contrôle le prestataire de cloud public des ministères.

Cogitem formation informatique

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En 2013, les services informatiques de l’Etat opéraient dans 128 centres de données. Il ne devrait bientôt en rester plus qu’une dizaine si le plan décennal de l’époque est exécuté entièrement. La réduction du déficit public passe aussi par là . A terme, les autres serveurs dévolus à l’administration feront partie d’infrastructures cloud computing, notamment celle d’Orange Business Services – un système d’informatique à distance mutualisé par le prestataire pour ses clients. Attention, les ministères ne se satisferont pas d’un réseau de piètre qualité pour lancer les algorithmes des logiciels mis à disposition des fonctionnaires et des citoyens.

« L’objectif est tout à la fois de rationaliser et moderniser le système d’information des agents de l’Etat, explique Alain Merle, le directeur du programme « Transformation des centres informatiques » de la Direction interministérielle du numérique et des systèmes d’information et de communication (Dinsic), nous avions besoin d’un outil de contrôle de la qualité du prestataire ».

Besoin d’un tiers de confiance entre Orange et l’Etat

Peu à peu, les systèmes informatiques de la quasi-totalité des ministères – Intérieur, Défense et Agriculture exclus – et de certains opérateurs de l’Etat comme des universités migrent vers les « nuages » d’Orange. Un surnom poétique et léger mais trompeur tant le cloud s’apparente aussi à un épais brouillard . Quoi de plus opaque que les contrats d’ Amazon Web Services , Microsoft Azure , Softlayer (IBM), Google Cloud Platform , OVH ou encore Orange ? En réalité, ces derniers s’engagent sur peu d’éléments de performance et, dans un déluge de données, il est difficile de faire constater les manquements a posteriori.

Pour s’y retrouver, la DSI de l’Etat a choisi de se faire accompagner par Cloud Screener, une start-up qui effectue chaque mois une analyse comparative des prestations des différentes plates-formes de services d’infrastructure informatique. « C’est le tiers de confiance entre Orange et nous », apprécie Alain Merle. En permanence, ce logiciel en ligne enregistre et remonte au DSI et à ses équipes les indicateurs clefs de performance du système cloud computing. Tout s’affiche sur un tableau de bord.

Respect du contrat et pénalités

Ainsi la DSI de l’Etat est en mesure, chaque mois, de demander, pour le moindre incident d’exploitation, des explications aux équipes d’Orange durant des comités de pilotage. « CloudScreener nous permet de nous assurer que notre prestataire respecte le taux de disponibilité de 99,9% sur lequel il s’est engagé », pose Alain Merle. A défaut, Orange pourrait devoir régler des pénalités. La puissance de calcul réelle des machines virtuelles est aussi un témoin observé avec attention.

Seul acteur français de ce marché repéré par la Dinsic, Cloud Screener a été préféré à ses concurrents américains. Travailler avec eux aurait nécessité d’ouvrir, au moins en partie, les serveurs de l’Etat à un observateur susceptible d’être légalement utilisé comme un troisième œil par les agences de renseignement de l’Oncle Sam .

La start-up française entend devenir la référence mondiale de l’aide à la prise de décision en matière de cloud. Elle vient de lever 500.000 euros destinés à financer l’ouverture d’un bureau en Californie. Mais son modèle de développement pose question. Pour se lancer, en 2012, Cloud Screener avait accepté de travailler pour les prestataires de services informatiques qu’elle était censée évaluer sans compromis. Antony Sollinger, son président, défend les garde-fous de sa méthodologie dont une partie se base sur des tests mystères et assure que « la part du chiffre d’affaires venue des fournisseurs ne dépasse pas 5 % aujourd’hui ».
En savoir plus sur http://business.lesechos.fr/directions-numeriques/technologie/cloud-computing/0211095981526-l-etat-evalue-son-cloud-212257.php?pKKo8DM3U2dLtlTm.99

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