Le BYOD, ce gommeur de frontière pro/particulier

Mobilité : Avec l’explosion du Bring Your Own Device partout dans le monde, les fabricants d’appareils comme les développeurs doivent désormais penser leurs produits comme s’ils allaient être utilisés à des fins professionnelles.

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Le BYOD a des conséquences multiples, que ce soit pour les entreprises (dépenses différentes, gestion, sécurité, etc.) mais aussi pour les particuliers concernés (données personnelles, travail à la maison…). Mais le BYOD a aussi un autre impact majeur : celui d’avoir gommé la frontière entre le monde professionnel et celui des particuliers.

Un moyen de sortir du lot

Non seulement le matériel est similaire, ce qui est l’essence même du BYOD, mais c’est aussi (parfois) le cas des applications. Si du côté des fabricants de smartphones et de tablettes, de Samsung à Apple en passant par BlackBerry, le BYOD est déjà intégré depuis plusieurs années avec des appareils ultra haut de gamme offerts par n’importe quel boutique et opérateur, pour les développeurs, penser leurs applications pour le BYOD est surtout un moyen de sortir du lot.

Historiquement, les applications pour les particuliers, du fait de leurs contenus moins sensibles, sont par corolaire moins sécuritaires et présentent peu d’options par rapport à leurs équivalents professionnels. Mais à l’instar du matériel, la frontière s’efface chaque jour un peu plus du côté des applications.

Pour les développeurs, est-il encore possible aujourd’hui de proposer des logiciels trop basiques et non sécuritaires, au risque de se couper du marché des entreprises ? Certainement pas. À ce jour, les applications de gestions de courriels, d’agenda, de messagerie, de prises de notes, de cartographie, de traitement de texte etc. intègrent ainsi toutes des fonctions que l’on pourrait qualifier de professionnelles.

De Keep à What’s App…

Ces options sont soit disponibles de base, soit via des options payantes. Mais elles existent. Cela permet ainsi aux particuliers de goûter à des services « pro », inaccessibles auparavant. L’exemple le plus flagrant est certainement Keep de Google. Servant de prise de note et proposée sur tous les nouveaux appareils Android, Keep ne se contente pas de sa fonction de base comme c’était le cas à ses débuts. Ses options sont aujourd’hui multiples et les étiquettes « Personnel » et « Travail » sont disponibles de base, comme si l’outil était pensé pour le BYOD…

Même une application comme What’s App, que l’on peut considérer comme destinée au grand public, intègre parmi ses options la possibilité de taguer des messages en « importants ». Parmi les statuts possibles, on retrouve aussi « au travail » ou encore « en réunion », ceci en sus de « à l’école », « au cinéma », « à la salle de sport » et « endormi ». Là encore, la frontière particulier/pro n’existe plus. On espère toutefois que le « endormi » ne concerne pas la partie pro.

Pour revenir à Google, on notera aussi que le géant du Web propose pour la plupart de ses outils l’ «Apps Status Dashboard » qui permet de connaître les performances de ses principales applications sur Internet. Gmail, Agenda, Drive, Docs, Groupes, Maps, Blogger et même Hangouts ont ainsi un suivi 24h/24 7j/7 afin de connaître leur disponibilité en ligne. Un système originellement destiné aux pros mais qui profite donc à tous.

Si le BYOD n’est pas forcément la seule raison de cette situation, il est certain que cette pratique a un poids non négligeable. Tous les développeurs doivent désormais se dire que pour s’imposer en entreprise, la meilleure façon est de proposer au grand public une application complète disposant d’options dites pro. Un moyen de faire une pierre deux coups. Quitte à ce que la plupart des utilisateurs n’exploitent jamais ces options « pros ».

 

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