Goldman Sachs, firme techno

La banque d’affaires adopte les technologies des géants du numérique. Mais Martin Chavez, le patron des systèmes d’information, entend innover à moindre frais, façon start-up.Cogitem Formation Informatique

Goldman Sachs aime se comparer à Google, Facebook ou Amazon. Fondée en 1869, la vénérable banque d’affaires new-yorkaise se décrit, de la bouche même de son PDG Lloyd Blankfein, comme une « entreprise technologique ». La transformation numérique de « The Firm » est bien sûr moins tranchée dans la réalité.

Mais s’inspirant des modèles des géants californiens, l’institution de Wall Street fait preuve de bonne volonté dans son ambition de construire la plate-forme unique sur laquelle ses équipes et des start-up FinTech distribueront les produits financiers. « 30 % de nos salariés sont des ingénieurs, je dirige la plus grosse division de la banque », avertit Martin Chavez, le responsable des systèmes d’information de Goldman Sachs, lors d’un passage à Paris. Chez les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), la proportion monte à 50 %. D’après l’Américain, elle ne dépasse pas souvent les 5 % dans les autres entreprises de services nées à l’ère prénumérique.

Economie et nouveau business

Dispersés dans les différentes branches de la banque, les 9.000 ingénieurs mettent en œuvre la stratégie préconisée par Martin Chavez. Son mantra : open source, informatique à distance (cloud computing) et partage de données via des API

(Application Programming Interface ou interface de programmation). Un triptyque qu’il voit à l’œuvre au sein des start-up dans lesquelles Goldman Sachs investit, notamment chez Symphony, la messagerie ultraconfidentielle prisée par les financiers. Ces trois piliers permettent de multiplier les projets sans trop craindre de retour sur investissement négatif. « Avec ces technologies, les start-up ne réussissent pas forcément mieux que par le passé, mais elles peuvent échouer, sans perdre trop d’argent. L’échec est moins cher », explique Martin Chavez.

En privilégiant l’open source, la DSI de Goldman Sachs fait le choix d’utiliser des logiciels non soumis à des licences propriétaires. Conçus par des développeurs non affiliés à la banque d’investissement , ils sont libres d’utilisation gratuitement. « Pendant longtemps, nous avons payé pour notre système de gestion des bases de données, maintenant nous utilisons MongoDB gratuitement », se réjouit Martin Chavez.

Ainsi, les informaticiens de Goldman Sachs disposent d’une bibliothèque de logiciels bien plus riche qu’auparavant. Mieux, grâce aux API , chaque programme informatique peut nourrir les autres avec des données supplémentaires. « Quand vous avez une centaine de logiciels libres à disposition, vous pouvez faire des millions de combinaisons différentes en passant par des API », estime Martin Chavez.

Goldman Sachs, sur les traces d’Amazon Web Services

De même, le recours à des serveurs en cloud computing permet de bénéficier d’économies d’échelles. Dans ce modèle, l’entreprise ne paie ses serveurs qu’en proportion de la puissance informatique qu’elle mobilise. Pendant la phase de développement d’un système logiciel, ce poste budgétaire ne coûte presque rien puisque les tests s’effectuent sur un petit périmètre.

Goldman Sachs ne se limite pas à copier les méthodes des Gafa. La banque reproduit aussi leurs modèles d’affaires. Devenue productrice de données, elle entend bien les partager. Mais à son prix cette fois, quitte à rêver générer plus de revenus ainsi que dans la finance pure. Plus surprenant, l’informaticien compte même imiter Amazon Web Services. Le géant du e-commerce atransformé en business rentable l’infrastructure de serveur qu’il a bâtie pour répondre à ses propres besoins internes. « Goldman Sachs investit depuis des années dans l’analyse de risque, on pourrait commercialiser ces données à nos clients, voire même à nos concurrents », imagine Martin Chavez.
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